Agnès Sorel et Loches : L'inspiratrice de Charles VII
Agnès Sorel, femme d'influence et première favorite officielle d'un roi de France, a marqué l'histoire de Loches. Son gisant se trouve toujours au cœur de la Collégiale Saint-Ours, comme souhaité dans ses dernières volontés. C’est au Logis royal de Loches qu’Agnès Sorel a laissé son empreinte. Durant six années, de 1444 à 1450, elle aime y faire de longs séjours. C’est également à Loches que son royal amant, Charles VII, a fait installer l’élégant et émouvant gisant d'albâtre blanc reposant initialement sur son socle de marbre noir à la croisée du chœur et du transept de la Collégiale Saint-Ours.
Sa sculpture la représente les mains jointes, le front ceint d’une couronne, elle qui avait toujours refusé le titre de duchesse que Charles lui avait accordé. Elle est entourée de deux anges à sa tête et, à ses pieds, deux agneaux (agnels) faisant échos à son prénom. En 1809, après avoir été vandalisé pendant la période révolutionnaire, le gisant est restauré puis transféré dans une tour du Logis royal avant de rejoindre l’intérieur du monument en 1970. En 2025, il a retrouvé une place dans la collégiale où l’on peut aujourd’hui encore l’admirer.
Qui a empoisonné Agnès Sorel ? Le mystère persiste
Dans la Collégiale Saint-Ours de Loches gît Agnès Sorel en son tombeau. Décédée à l`âge de 28 ans dans des circonstances qui restent un mystère, la Dame de Beauté, connue aujourd`hui encore comme une figure de provocation, fut la cible de plusieurs conspirations visant à l’éloigner du roi Charles VII.
Disparue après sa quatrième grossesse, elle reste une figure audacieuse, immortalisée par le tableau de Jean Fouquet, "La Vierge à l’Enfant"*, où elle est représentée sein nu. Elle était effectivement vivement critiquée pour avoir lancé à la Cour la mode des robes aux décolletés vertigineux, ou encore d'avoir promu l’art des soins du corps, à une époque où l’hygiène n’était pas une préoccupation pour tout le monde.
Détestée de la reine et du dauphin Louis XII, elle fut la cible de plusieurs conspirations visant à l’éloigner du roi. Elle mourut avant d’avoir eu le temps d’informer ce dernier du complot qui se préparait pour le livrer aux anglais.
Une étude paléo-pathographique réalisée en 2005 a permis de lever le voile sur les causes de sa mort : l’empoisonnement au mercure.
*une copie du tableau est visible dans le Logis royal, la toile originale est exposée au Musée royal des Beaux-arts d'Anvers.